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LES FLÈCHES DE BUREN Galerie photo : la fabrication des flèches. En septembre 2006, le projet de réalisation d’un « objetsigne » conçu par Daniel Buren est officiellement lancé lors d’une réunion au lycée Galilée. Il s’inscrit dans le projet pédagogique de l’établissement. La réalisation en est confiée à 15 élèves de CAP 1e et 2e année accompagnés par une équipe constituée d’Emma Floren (Lettres), Philippe Ivars, Gael Samson et Patrick Dey (Plasturgie), Eric Loiseau (ancien professeur de plasturgie), Marc Sicard (EPS), Catherine Lafargue (Anglais), Yasmine Bentounsi (Lettres Histoire Géo), et en particulier Philippe Portet (chef de travaux STI), Sophie Battung (assistante du chef de travaux) et Marc Rossano (proviseur). Sur chaque flèche est inscrit « créé par l’artiste Daniel Buren et réalisé par les élèves du Lycée Galilée ». Caractéristiques techniques: peinte en rouge et blanc, la flèche est obtenue à partir d’un moule par coulée et moussage de polyuréthane. Longue de 60,9 cm, chaque flèche pèse 2,25 kg et a une épaisseur de 8,7 cm. Selon la nomenclature immuable des oeuvres de Daniel Buren, la largeur de chaque rayure est de 8,7 cm. La flèche est scellée à 2,50 m du sol. « Sollicité par Pascal Rambert pour réfléchir autour d’une sorte d’introduction plastique dans le lieu même du théâtre de Gennevilliers, j’ai réfléchi autour de quelques idées comme celle par exemple de créer une espèce de déambulatoire permettant aux visiteurs de parcourir et donc de découvrir tout l’espace du théâtre, du foyer aux coulisses en passant par les scènes, les loges et la salle elle-même. Une façon inusitée de faire découvrir ce théâtre à tous et surtout à ceux qui, en tant que spectateurs habituels en connaissent généralement à peine la moitié. Cette “exposition” devrait être envisagée comme une sorte de préouverture du théâtre avant la saison théâtrale proprement dite. Tout en réfléchissant autour de ces possibilités, me revint à l’esprit une expérience personnelle, faite très spécifiquement à propos du théâtre dans la ville de Gennevilliers même. En effet, si l’on veut visiter d’une façon nouvelle et inédite ce théâtre et même y venir pour autre chose que d’assister à un spectacle, faut-il encore pouvoir s’y rendre ! Or, devant y aller pour la première fois de nuit et l’hiver, j’ai pu constater l’extrême difficulté devant laquelle toute personne non familière des lieux est placée, lorsqu’il s’agit de se diriger et de trouver l’emplacement du théâtre dans la ville. Je pense que le théâtre est l’un des centres vitaux d’une ville et que tout piéton ou tout automobiliste, doit pouvoir s’y rendre sans difficulté comme il est généralement assez aisé de se rendre à la Mairie dans n’importe quelle ville aussi inconnue soit-elle du visiteur. Malheureusement, les indications qu’on aimerait bien trouver pour se rendre au théâtre de Gennevilliers lorsqu’on arrive dans la ville et qu’on ne la connaît pas, ne sont ni trop visibles ni très nombreuses, d’où la grande difficulté de l’approche. De ce constat personnel, me vint donc l’idée suivante consistant à créer, depuis chacune des entrées principales dans la ville (par la route, par l’autoroute, par le métro etc.) des indications spécifiques, claires et très visibles signalant à tout un chacun vers où il faut aller pour se rendre au théâtre. Ce travail, devra se faire avec l’aide des autorités de la ville et pourra être considéré soit comme une exposition personnelle d’un type particulier et éphémère, soit, si son efficacité visuelle et sa nécessité en tant que signe indicatif se révèlent satisfaisantes, comme oeuvre définitive tissée dans la ville en vue d’un parcours qui, d’où que l’on vienne, permette d’aboutir au théâtre, coeur de la cité. Le signal qu’il faudrait trouver devrait à mes yeux avoir les qualités suivantes: être visible et très spécifique en tant qu’objet, original si possible, c’est-à-dire qu’il puisse devenir un objet lié directement au théâtre lui-même en se retrouvant par exemple d’une façon immédiate et évidente dans le théâtre lui-même tout en ayant la qualité et la capacité principale de pouvoir y mener tout ceux qui veulent s’y rendre sans en connaître les chemins. D’autre part, il pourrait donc ensuite se décliner comme logo sur les affiches , sur les tickets, sur les programmes et (pourquoi pas ?) sur le rideau de scène même du théâtre. Un signe: signalant, signifiant, signant et signé à la fois. » |