1963, la création de l’ensemble théâtral de gennevilliers

Le rôle des « banlieues rouges »

Bernard Sobel s'est installé à Gennevilliers en 1963, soutenu dès le début et, pour un temps, exclusivement par la Municipalité,  C’est en effet en décembre 1963 que le maire communiste, Waldeck L’Huillier demande à Bernard Sobel de tenter l’implantation d’une troupe à Gennevilliers, encouragé par les expériences du même type en passe de réussir leur pari à quelques kilomètres de là (Aubervilliers) : c’est la naissance de l’Ensemble Théâtral de Gennevilliers.

Le choix d’un statut amateur, qui signifie pour l’Ensemble une pratique bénévole et limitée, a été voulu par Bernard Sobel : les comédiens répètent donc le soir, après leur journée de travail. En 1966 et 1967, la Municipalité organise un festival ; souvent en banlieue, les implantations ont commencé ainsi. A la même époque, une nouvelle formule est lancée : celle des week-ends mensuels qui visent, d’une part à engager un dialogue avec le public, et d’autre part à créer les conditions d’une activité régulière.

L’association Ensemble Théâtral de Gennevilliers est déclarée à la Préfecture de police le 1er avril 1968 : elle a pour objet « l’expansion de l’action théâtrale dans le cadre d’une décentralisation des activités artistiques ». La même année, Bernard Sobel obtient la licence d’entrepreneur de spectacle de troisième catégorie et crée une entreprise en nom personnel. Une fois ce statut professionnel acquis se pose la nécessité de créer, avec la municipalité, les conditions d’un financement de l’activité théâtrale de la compagnie.

Une convention est signée en 1968, dont l’objet est l’achat par la Municipalité d’une création par an à l’Ensemble, et en juin 1969, la Direction des Spectacles, Musique et Lettres du Ministère des Affaires Culturelles accorde pour la première fois à Bernard Sobel une subvention au titre de l’aide aux animateurs de compagnies théâtrales.

Homme pour homme de Brecht, en 1970, marque le premier vrai travail professionnel de l’ETG, mais il faut attendre la saison 1975-76 pour que le budget prévoie pour la première fois depuis 12 ans, la rémunération du directeur.

En 1977, l’Ensemble Théâtral de Gennevilliers, devenu un élément moteur de la vie théâtrale, un symbole de recherche et de rigueur, dont les échecs provoquent autant de passion que les réussites, lance un appel pour obtenir le statut de Centre Dramatique National, revendiquant les moyens d’assurer la permanence de son travail d’implantation et de création.

La question de l’institutionnalisation de l’ETG est posée en termes de responsabilité politique : une municipalité ne peut pas continuer plus longtemps à assurer seule la prise en charge d’une équipe de création.

Ce n’est qu’en 1981, alors que le Théâtre de Gennevilliers existe depuis plus de 15 ans, qu’est prise la décision par le nouveau ministre de la Culture, Jack Lang, de proposer à Bernard Sobel une mission de préfiguration de Centre Dramatique National, en vue de préparer sa création en 1983, mesure qui s’intègre plus largement dans une politique de relance de la décentralisation théâtrale.

Le Centre Dramatique National est inauguré le 22 janvier 1983 : « dix-neuf ans après son implantation à Gennevilliers, Bernard Sobel rejoint officiellement le mouvement de la décentralisation théâtrale ».

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