8 octobre - 18 octobre 2009

Rachid
Ouramdane

Des témoins ordinaires Image

DANSE

En collaboration avec le Festival d’Automne à Paris

Conception Rachid Ouramdane / Avec  Lora Juodkaite, Mille Lundt, Wagner Schwartz, Georgina Vila Bruch, Yeojin Yun / Musique Jean-Baptiste Julien / Lumières Yves Godin / Vidéo Jenny Teng et Nathalie Gasdoué / Aide technique vidéo Jacques Hoepffner / Costumes La Bourette / Régie générale Sylvain Giraudeau / Régie lumière Stéphane Graillot / accompagnement à la dramaturgie Camille Louis / avec le regard d'Erell Melscoët

Alliage sensible entre chorégraphie et documentaire, les pièces du chorégraphe Rachid Ouramdane s’attachent au singulier. Chacune d’entre elles interroge la construction des affects des personnes qu’il rencontre. D’emblée, il privilégie l’image vidéo comme un moyen d’atteindre la subjectivité de l’autre et son imaginaire. Les dispositifs scéniques intègrent des interviews filmées comme une parole immédiate et spontanée qui entre en résonance avec les présences sur scène. Dans ce dialogue, se côtoient des fragments de vie et de mémoire mêlés aux corps en mouvement.

Avec sa nouvelle pièce Des témoins ordinaires, Rachid Ouramdane débute là où son précédent solo Loin… l’avait laissé, face aux traces laissées par les violences de l’Histoire. Il a rencontré des personnes ayant subi des actes de torture et les a questionnées sur leur rapport à la vie, aux autres et à l’acte de témoigner.

Sur scène, cinq silhouettes marchent et se croisent. Elles marquent le temps qui s’étire avec leurs lents déplacements. Des voix se font entendre, des visages d’anonymes apparaissent sur des nappes de brume et viennent se mélanger à ces corps. Dans un coin, l’un d’entre eux s’effondre, et fond lentement sur le sol. Notre regard se perd devant la métamorphose en direct de ce corps effondré.

Dans Des témoins ordinaires, Rachid Ouramdane met en scène des voix et des visages filmés qui racontent les violences subies et les stigmates laissés dans les corps et les imaginaires. Les corps en scène font résonner les mots, se tordent et se disloquent jusqu’à la limite du regardable. Dans l’espace vide de la scène, c’est l’histoire de l’humanité qui se reflète. Les histoires singulières et la grande Histoire s’y entremêlent. Comment témoigner de cet indicible ? s’interroge Rachid Ouramdane. Les interviews projetées sur scène nous rappellent que l’Histoire se répète inlassablement. En interrogeant l’acte même du témoignage, Rachid Ouramdane fait écho à une certaine actualité, à notre époque du « tout dire », où le témoignage individuel est surexploité. Il propose une réflexion sur les frontières entre l’humanité et la barbarie, mais aussi entre soi et les autres.

Erell Melscoët

Répété à Gennevilliers, avril/mai 2009
Création à Bonlieu, Scène nationale d’Annecy le 27 mai 2009
Présenté au Festival d’Avignon 2009

 

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L'économie de l'attention avec Emmanuel Alloa
 Le 15 octobre après le spectacle, rencontre avec l'équipe artistique animée par les Ceméa
ImageLe samedi 17 octobre à 15h :
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